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Carnets secrets. Episode 9

21 mai 2014 - 08:52

 

 

FANTASME, QUAND TU NOUS TIENS…

 

Il nous arrive parfois de laisser libre cours à notre imagination, dictée le plus souvent par nos plus mâles instincts.

C’était en novembre, j’avais fait le choix pour clore la saison sportive 2011 de participer à l’ironman du Mexique et je garde le souvenir précis d’un fantasme que je souhaite vous faire partager.

Au jour « J », nous nous étions élancés pour l’épreuve de natation dans l’eau turquoise et transparente du Golf du Mexique où la multitude de poissons multicolores qui accompagnaient notre course donnait à l’endroit des allures d’aquarium géant.

Après la natation le vélo, et après le vélo, en piste pour le marathon !

Et c’est maintenant que l’histoire commence…

Des trois disciplines qui composent l’ironman, la course à pied reste mon point fort, et le plus souvent c’est durant cette épreuve que je grappille des places pour remonter au classement.

Mais lorsque j’écris que c’est ma discipline de prédilection, ce n’est pas pour autant que je sois un « champion » dans ce domaine, et si mes chronos restent « honnêtes » dans ma catégorie d’âge, ils sont très loin des temps de référence des athlètes qui caracolent en tête… !

Néanmoins, ce jour là, j’étais parti sur le marathon avec « des jambes de feu » et avec la sensation de pouvoir accomplir une belle course.

J’avais posé le vélo dans un état de grande fraîcheur physique et suis parti sur le marathon « en dedans » en caressant l’espoir de pouvoir accomplir la seconde moitié du marathon plus rapide que la première.

C’est en effet par la bonne gestion de cette dernière épreuve que l’on « ramasse les morts » sur le parcours.

J’avais couru une quinzaine de kilomètres lorsque j’entendis derrière moi une respiration saccadée. J’avais rattrapé pas mal de monde depuis le début du marathon, mais voilà qu’à mon tour j’étais avalé par un athlète plus rapide.

Quelle ne fut pas ma surprise de retrouver une silhouette connue.

Cette silhouette, c’était celle d’une athlète que j’avais doublée sur la partie vélo, et dont l’image avait marqué mon esprit.

Il en est des silhouettes féminines comme des couchers de soleil, agréables à l’œil mais souvent trop loin pour y poser la main…

Très franchement, je ne me souvenais pas la marque de son vélo, mais je me rappelais très précisément son bronzage impeccable, son tatouage « dauphin » sur le bas du dos, et son débardeur jaune siglé « Brazil »…

Bien évidemment, après l’avoir dépassée en vélo, je l’avais oubliée, pour laisser priorité à la course… j’étais quand même venu au Mexique pour ça… !

La retrouver sur le marathon, à un moment où j’avais l’impression d’avoir de « bonnes jambes » m’incita à calquer ma foulée sur la sienne pour envisager couvrir la distance du marathon aux alentours des 3 heures 45.

Souriante, elle jeta un œil sur mon dossard où était répertoriée la couleur du drapeau de son propriétaire et lança :

«  Toi françaisse… ah !... Parisse… Chanel… Zidane… !

Son français était très approximatif, mais en certaines circonstances, je me montre toujours d’une extrême bienveillance vis-à-vis de ceux qui essaient de communiquer avec moi…

J’avais presque envie de lui proposer de poursuivre notre échange en parlant avec les mains, mais nous n’étions pas là pour ça.

Nous échangeâmes quelques banalités dans la langue de Shakspeare en galopant côte à côte quelques hectomètres.

Mais cette « camarade de jeu » n’avait pas le même moteur que moi  ( son millésime était aussi plus récent que le mien …)  et après deux ou trois kilomètres, elle accéléra doucement pour se positionner une quinzaine de mètres devant moi.

Dieu, qu’elle était belle… !

Elle n’était plus féminine, elle était devenue féline.

J’avoue volontiers que l’envie de me faire mal pour m’accrocher à son sillage était plus forte que lorsqu’il s’agit de tenter d’accrocher la roue de Coco quand lui prend l’envie « d’embrayer » le dimanche matin…

Tout est question de motivation, vous le savez bien !

C’était un régal pour les yeux, j’en oubliais presque ma course et les kilomètres qui me restaient à parcourir pour franchir la ligne d’arrivée.

Ses épaules dégagées, la souplesse de ses hanches pour allonger la foulée, je vous assure qu’au niveau de l’allure, elle avait davantage de charme que Pierrot en danseuse quand il « fait les pancartes » !

Mais pour être très honnête, je peux quand même confirmer que malgré le « paysage » qui s’offrait à mes yeux, mes jambes étaient quand même plus dures que le reste…

…Et soudain, la fin du mythe…

Dans le silence de ce bord de mer, rythmé par le bruit des vagues, un bruit saugrenu vint interrompre la volupté de mon rêve…

…Prout… prout… prout… prout…

Point de moto d’assistance à l’horizon, seulement les flatulences de « mon égérie brésilienne » qui se soulageait  tranquillement.

Ses prouts étaient à l’unisson de ses pas, dans le tempo de sa foulée…

( lorsqu’on dit que les sud-américaines ont le sens du rythme, ce n’est pas une légende.)

Pourtant, je vais vous avouer que le charme opéré par « ma brésilienne » venait de s’estomper tout à coup…

Nul ne pourra dire si j’ai soudainement lâché prise à cause de ses flatulences intempestives ou de la fatigue avancée de mes pauvres jambes, le fait est que la silhouette pour laquelle j’avais quelque peu fantasmé s’éloigna progressivement, me laissant seul avec ma peine, ma fatigue et le souvenir de ses prouts à mes oreilles.

Si j’ai voulu vous raconter cette histoire c’est pour démontrer que l’ironman est un sport formidable, culturellement très riche.

 C’est un patchwork de personnalités, de talents et de nationalités très éclectiques.

Les champions côtoient les anonymes et pour chaque « finisher » le franchissement de la ligne a valeur de victoire.

A chaque endroit du monde sa marque de fabrique, ici les maracas, là bas le yukulélé, ailleurs l’accordéon…

L’ironman vit au rythme des populations qui l’accueille, mais aussi à celui des pets qui ponctuent son authenticité, comme un symbole d’égalité, d’un continent à l’autre, quels que soit notre sexe, notre religion,  et notre couleur de peau.

Le pet, trait d’union entre nos différences…

… Voilà enfin  un slogan fédérateur que je vais proposer à Mélenchon !

Thierry

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